La faïence est fille de trois éléments : l’eau, la terre et le feu. Composante noble de la céramique, elle combine l’argile, présente à l’origine dans l’anse de Toulven, sur les rives de l’Odet qui traverse majestueusement Quimper, l’eau de cette rivière fondatrice et le feu provenant de la combustion des bois qui abondent dans notre belle Cornouaille.

Les premières pièces recensées datent de l’époque gallo-romaine. Elles ont été retrouvées dans le quartier de Locmaria, en bordure de l’Odet. Une fabrication d’objets usuels s’est perpétuée jusqu’au XVIIIe siècle qui voit l’arrivée à Quimper de Jean-Baptiste Bousquet qui va être à la source du développement de la faience à Quimper.

Son fils, Pierre Bousquet s’installe comme maître faïencier en 1708 et va donner un essor important à cette activité artisanale par la production de pièces de grès destinées à l’usage quotidien et aux pratiques religieuses.

C’est le beau-fils de Pierre Bousquet, Pierre Belleveaux, qui apporte en 1731 le savoir-faire des poncifs, des couleurs et des émaux, ainsi que l’inestimable « décor à la touche », particularité à l’époque réservée aux faïences de Nevers.

Les peintres quimpérois mêlent ensuite à cette technique leur propre culture décorative celtique et bretonne. L’authentique faïence de Quimper, par ses décors et ses couleurs, est née.

On dénombrera alors plus de 500 ouvriers répartis en 3 manufactures. Les faïences de Quimper se vendent alors dans le monde entier et deviennent une référence en matière de décoration et d’arts de la table.

Les décors et les formes ont beaucoup évolué durant ces trois siècles d’histoire : d’animaux emblématiques (le coq), de pièces religieuses et du fameux petit breton, la faïence intègre dans ses décors les grands courants artistiques du XXe siècle.

La Faïencerie d’Art Breton, créée par de grandes familles faïencières quimpéroises en 1994, lui insuffle un souffle de renouveau et de créativité en s’associant avec de grands artistes contemporains : Enrique Marin, Jean Lemonier, Lapicque, Paul Moal, etc. Cette production riche et moderne correspond à un renouvellement de formes et de couleurs que connaît la faience de Quimper en ce début de XXIe siècle.